Le grand jourCe mercredi se disputera la finale de la Ligue des Champions 2005 entre le Milan AC et Liverpool à Istanbul. Entre la légende anglaise et la meilleure équipe du monde, le spectacle promet.Une finale pour se racheterSi la présence du Milan en finale était prévisible, celle de Liverpool surprend plus. Les Italiens, titrés en 2003 contre la Juventus, ont pris l’habitude de s’illustrer dans la compétition phare du football de clubs européens. «Ils étaient favoris avant même le début de la compétition, et l'on voit pourquoi. C'est une très grande équipe» confie ainsi Steven Gerrard sur le site de l’UEFA. D’autant que cette saison, les joueurs d’Ancelotti ont connu un parcours relativement aisé pour eux. L’Inter en quarts, le PSV en demies, cela constitue des obstacles moins impressionnants que la Juve puis Chelsea, qui ont jalonné la fin de parcours des joueurs de la Mersey.
Les deux équipes abordent d’ailleurs différemment la rencontre. Dominés sur le fil par la Juve dans la course au titre, et une défaite fatale à San Siro sur un but de Trezeguet, les Rossoneri doivent sauver leur saison avec la «Coupe aux grandes oreilles». Liverpool, pour sa part, vit une saison étrange. Pour la première année de Rafael Benitez sur le banc, les Reds ont peiné en championnat. Avec un nombre de blessés incalculable depuis le début de la saison, le mythique club résident d’Anfield n’a pu accrocher que la cinquième place de la Premier League. Le parcours en coupe d’Europe tient donc du bonus dans une saison très irrégulière. Capable du meilleur (victoire contre Chelsea en Ligue des Champions) comme du pire (défaite à Crystal Palace en championnat), l’équipe de Benitez joue avec le feu et devra présenter son meilleur visage à Istanbul.
Une leçon de tactiqueL’opposition de mercredi en Turquie sera également l’occasion de voir à l’œuvre deux maîtres tacticiens. D’un côté, la rigueur de Benitez, champion d’Espagne et vainqueur de la coupe de l’UEFA l’an passé avec Valence, et de l’autre, Carlo Ancelotti, formaté dans le moule italien mais dévergondé par le potentiel offensif dont il dispose. Car cette finale sera également une opposition de style remarquable. Du 4-4-2 intransigeant de Benitez avec Gerrard comme «meneur» tout relatif du jeu, au trident offensif d’Ancelotti Kaka - Seedorf (incerain) -Shevchenko (avec Crespo, Tomasson ou Inzaghi pour compéter si nécessaire), la bataille devrait se situer dans le camp des Reds. Ces derniers adorent d’ailleurs cela, ce qui leur permet d’envoyer les flèches Cissé ou Baros en contre. «J'aime tous les joueurs du Milan AC. Kaka, Andrei Shevchenko et Clarence Seedorf peuvent faire basculer le match à eux seuls. Il y a aussi Andrea Pirlo, un joueur très intelligent, et Gennaro Gattuso, très agressif et énergique. C'est une équipe incroyable, avec de très bonnes individualités» concède ainsi Gerrard.
Les Italiens se méfient eux de l’arme absolue des Reds, leur capitaine. «Ils défendent en nombre et profitent au mieux de leurs occasions. Nous devrons être très prudents dans les premiers moments du match. Si nous encaissons un but au début, cela rendra tout beaucoup plus difficile pour nous. Ils ont peut-être un entraîneur espagnol et plusieurs joueurs ibériques mais ils jouent toujours comme une équipe anglaise normale. Ils sont forts physiquement, et leur joueur clé est anglais, Steven Gerrard. C'est un très bon joueur et un véritable leader. Toutes les attaques de Liverpool passent par lui» déclare Kaka, le jeune auriverde qui vivra sa première finale à ce niveau.
L’expérience pour MilanAvec Paolo Maldini, Jaap Stam et Alessandro Nesta, le Milan va aligner une défense on ne peut plus expérimentée. Maldini devrait en effet participer à sa sixième finale de Ligue des Champions. En cas de victoire, l’ancien international ne serait plus qu’à une marche de Gento, l’ancien du grand Real qui en avait gagné six dans les années 50. «J'ai parlé avec Paolo Maldini et Alessandro Costacurta, car ils ont l'habitude de jouer ce genre de match. Pour eux, Istanbul, c'est juste une autre finale, comme les six ou sept autres qu'ils ont déjà jouées» avoue jalousement le milieu brésilien milanais. Liverpool s’avance avec une équipe plus jeune, qui a certes connu quelques moments de gloire, sous l’ère Gérard Houiller notamment. Gerrard, Hyypia, Carragher ou Finnan sont rodés aux confrontations top niveau. Mais en Angleterre, et beaucoup moins à l’échelle du vieux continent.
Une coupe en plus ?18 titres nationaux, 6 Coupes nationales, 7 Coupe de la Ligue, 4 Ligue des Champions, 3 Coupe de l’UEFA, 2 Super Coupe d’Europe pour Liverpool. 6 C1, 3 Coupe Intercontinentale, 4 Super Coupe, 2 C2, 17 titres nationaux pour Milan. Pour ceux qui en doutaient, Liverpool et Milan sont bien deux monstres sacrés du football continental. Cette 50e finale de la «Grande» coupe d’Europe verra paradoxalement les deux clubs s’affronter pour la première fois. Avec 21 finales européennes à eux deux depuis 1958, et 504 matches européens disputés, Liverpool et Milan vont également présenter le plus grand nombre de C1 conquises en finale, avec un total de dix trophées en commun. Dire qu’une année sans titre ferait désordre dans des clubs de cette ampleur n’est donc pas usurpé. Privé de titre national et de coupe domestique, chacun tentera de ne pas rater la seule, et plus belle, occasion de décrocher quelque chose en 2005. «Nous allons à Istanbul pour gagner la 5e Coupe des Champions sous mon management» annonce ainsi fièrement le président Berlusconi. Et quand le président parle, il est fortement conseillé aux joueurs de s’exécuter.
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